Dans La Petite Casserole d’Anatole (prix du public au Festival d’Annecy 2014, adapté de l’album pour enfants d’Isabelle Carrier), Eric Montchaud abordait le handicap et l’acceptation de la différence en animant de singulières marionnettes aux tons pastel. Avec Un Caillou dans la chaussure (réalisé cette fois d’après un scénario original), il creuse les questions de tolérance et d’intégration à partir de la même technique d’animation en volume pour raconter l’arrivée d’un élève grenouille au sein d’une classe de lapins.

Eric Montchaud est issu de la première promotion de l’école d’animation La Poudrière. Après un premier film autoproduit (L’Odeur du chien mouillé, 2003), il a essentiellement travaillé comme animateur pour la publicité ou pour d’autres auteurs, notamment Michel Gondry ou Chloé Mazlo. Pour Un Caillou dans la chaussure, il aborde à nouveau avec une grande douceur les traumatismes qui peuvent peser sur l’enfance, et la manière de les surmonter. Si le titre de son film reprend une expression bien connue des adultes, c’est pour mieux annoncer que son personnage principal porte en lui le poids d’une histoire moins évidente pour les tout petits. Tourmenté par le souvenir de la guerre qu’il a fuie avec sa famille, notre élève grenouille voit ses peurs se réveiller, notamment sous la lumière des réverbères qui lui rappelle de sombres moments. Grâce à l’amitié d’une élève lapin faisant fi de sa différence, il trouvera enfin le courage de marcher dans la lumière sans se préoccuper d’aucun caillou, ni même de tout autre obstacle, pour courir enfin avec insouciance avec les autres enfants.

(Damien Truchot)

Réalisation : Eric Montchaud

Scénario : Eric Montchaud, Cécile Polard

Musique : Pierre Bastien

Année : 2020

Durée : 11′